La santé digestive du cheval : Comprendre et prévenir la diarrhée chronique, les ulcères et les coliques

Le système de digestion du cheval joue un rôle essentiel dans sa santé générale et ses performances. Toutefois, il est à la fois complexe et fragile. Un dysfonctionnement de l’appareil digestif du cheval risque d’entraîner des troubles, allant de l’inconfort à des affections plus graves, voire fatales. Pour éviter ces complications, il est indispensable de comprendre l’anatomie du système digestif, son fonctionnement et les bonnes pratiques à adopter pour préserver la santé intestinale de votre animal. Dans cet article, découvrez tout ce qu’il faut savoir sur la digestion équine et les conseils pour éviter les troubles courants.

 

Zoom sur les particularités de la digestion du cheval

L’anatomie de l’appareil digestif du cheval est conçue pour lui permettre d’ingérer des fibres en continu. Si vous consultez un schéma de l’appareil digestif d’un cheval, vous pouvez constater que contrairement aux ruminants, il possède un système digestif monogastrique, avec un estomac de petite taille et un intestin grêle relativement court par rapport à sa taille. Cette particularité le rend moins efficace pour digérer les aliments complexes, et plus sensible aux déséquilibres alimentaires.

Le système digestif cheval est parfaitement adapté à un régime alimentaire basé principalement sur des fourrages grossiers, comme le foin, qui sont riches en cellulose, hémicellulose et pectines. L’alimentation doit aussi être riche en hydrate de carbone structuré, et pauvre en sucre et en protéines. Il faut toutefois nuancer afin de ne pas tomber dans l’excès. Un fourrage trop grossier sera particulièrement pauvre en fibres digestibles, riche en sucre et manquera de protéines. La tendance à récolter des fourrages très tardivement afin d’avoir du très grossier est aujourd’hui fortement dommageable à l’alimentation du cheval.

La longueur du gros intestin du cheval, qui inclut l’appendice et le côlon, est beaucoup plus conséquente que l’intestin grêle. Il est aussi plus volumineux. Cette configuration permet un temps de digestion lent des fibres, offrant ainsi au cheval la possibilité d’extraire des nutriments des fourrages, comme l’herbe ou le foin, qui, autrement, ne seraient pas digérés.

La digestion commence d’abord dans l’estomac et l’intestin grêle, où les aliments plus facilement digestibles, comme les glucides simples et les protéines, sont rapidement absorbés. Ensuite, les éléments restants sont dirigés vers le gros intestin, où la fonction du cæcum du cheval en particulier est primordiale pour la digestion microbienne des fibres et des glucides complexes. 85 % des nutriments présents dans les aliments sont récupérés et utilisés par le cheval, tandis que seulement 15 % sont éliminés. Cette anatomie du système de digestion est essentielle pour la digestion des fibres, mais tout dysfonctionnement peut entraîner des troubles digestifs.

système digestif cheval

La diarrhée chronique ou kotwasser : cause et prévention

Une diarrhée est qualifiée de chronique si elle persiste pendant 7 à 14 jours. C’est le signe d’un déséquilibre du microbiote intestinal, ou d’une inflammation du gros intestin du cheval. Les causes de ce trouble peuvent être de différentes natures :

  • Un déséquilibre de la flore intestinale, autrement appelé dysbiose,

  • Une alimentation inadaptée ou trop riche en fibres non digestibles,

  • La présence de certaines bactéries pathogènes.

Pour limiter les risques, voici quelques recommandations :

  • Optez pour une alimentation riche en fibres digestibles,

  • Attention aux foins poussiéreux et contenant des mycotoxines,

  • Si vous devez adopter un changement alimentaire, faites-le de façon progressive,

  • Entretenez la flore intestinale grâce à des prébiotiques pour renforcer l’équilibre du microbiote intestinal et soutenir le système digestif du cheval.

Les ulcères gastriques et leur prévention

Les ulcères se caractérisent par une érosion de la muqueuse de l’estomac. De manière générale, on attribue les ulcères aux causes suivantes :

  • Le stress,
  • Une alimentation trop riche en céréales,
  • Une diète trop longue ou des intervalles prolongés entre les repas,
  • Des exercices intenses, surtout lorsque l’estomac est vide.

Une cause moins connue, mais très fréquente, est également liée à l’abrasion de la paroi gastrique et/ou intestinale par des fourrages trop grossiers. Ceux-ci abiment la paroi qui se blesse et s’ulcère progressivement. 

Pour prévenir ces troubles, veillez à gérer à la fois sa nutrition et son mode de vie de manière optimale.

Une des mesures clés consiste à fractionner la ration alimentaire en plusieurs petits repas répartis tout au long de la journée pour maintenir le système digestif du cheval occupé en permanence. Par ailleurs, éliminez les céréales de la ration. La mise en place d’une complémentation ciblée, par exemple avec des aliments de la gamme Reovit®, peut prévenir les ulcérations en protégeant activement les muqueuses et en activant la salivation, qui contribue à la production de mucus protecteur sur la paroi de l’estomac. Évitez également les situations stressantes fréquentes comme les transports prolongés ou les compétitions intenses. Enfin, pratiquez une vermifugation régulière. Les vermifuges sont essentiels, notamment en automne, pour éliminer les parasites internes de l’appareil digestif de cheval comme les gastérophiles, qui peuvent contribuer à l’irritation gastrique. 

S’il faut des compléments alimentaires, optez pour une alimentation physiologique qui protège et entretient les muqueuses tout en maintenant un pH optimal, du type de la gamme Reovit® (Pro pH®, Provital C®, Repair & Protect®). 

Les coliques : symptômes et prévention

Les coliques sont redoutées par les propriétaires, et sont l’un des troubles digestifs les plus fréquents et les plus graves chez le cheval, pouvant provoquer sa mort. Il s’agit d’un ensemble de symptômes qui inclut différents stades, allant d’une douleur légère à une douleur sévère. Les signes incluent : 

  • L’agitation,
  • Le frottement du ventre,
  • L’absence d’appétit,
  • La position couchée prolongée,
  • Les signes de douleur abdominale.

Différents facteurs peuvent provoquer ce trouble, dont : une alimentation inappropriée, des parasites ou un stress excessif. Un manque d’eau ou un changement de pression atmosphérique ou de temps peuvent aussi le provoquer.

Pour prévenir les coliques, prenez soin de maintenir une alimentation équilibrée et de garantir une bonne hydratation. Évitez les changements brusques de régime alimentaire, et privilégiez des exercices modérés adaptés aux capacités physiques du cheval pour maintenir une bonne santé digestive. Assurez-vous aussi qu’il a accès à une ration quotidienne suffisante de foin de bonne qualité. Soyez particulièrement vigilant lors des changements de temps ou de pression atmosphérique, car ces facteurs peuvent déclencher des coliques chez certains chevaux. Un système digestif fort, un microbiote sain, la possibilité de mouvement sont trois mesures de prévention efficaces qui permettent de réduire les risques de colique de manière significative. 

 

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Isabelle Dorand

J’ai grandi aux quatre coins du monde, toujours proche de la nature. Dès mon plus jeune âge, je me suis passionnée pour les animaux. Aspirant d’abord à devenir vétérinaire, j’ai rapidement réalisé que ce métier ne correspondait pas à mes aspirations. Tout en poursuivant différentes activités en lien avec la nature et les animaux, j’ai suivi une formation d’ingénieure agronome.