Quels sont les besoins nutritionnels fondamentaux des chevaux ?
Les nutriments essentiels aux chevaux sont classés en cinq grandes catégories :
- L’eau, propre, à température ambiante et à disposition en permanence. Attention, un cheval qui effectue un travail intense ou une jument en lactation a un besoin journalier en eau plus élevé qu’un cheval en conditions normales,
- L’énergie, indispensable pour soutenir diverses fonctions comme le travail musculaire, la lactation ou encore la formation des tissus. Elle provient majoritairement de trois sources : l’amidon, les fibres et la matière grasse,
- Les minéraux (macro-éléments comme le Calcium, le phosphore ou le Sodium, et les oligoéléments comme le zinc ou le sélénium),
- Les vitamines (A, B1, B2, B5, biotine, D, E, K, etc.),
- Les protéines, qui jouent un rôle crucial dans de nombreux processus vitaux (système immunitaire, transport de l’oxygène, etc.). Nous pouvons citer les acides aminés essentiels tels que la lysine ou la méthionine.
Si l’un de ces éléments manque ou est insuffisant, des troubles pouvant être graves apparaissent chez les chevaux.
Quelles sont les carences fréquentes chez le cheval et comment les éviter ?
Carence en sélénium symptômes et prévention
Le sélénium est un antioxydant essentiel pour le cheval, surtout au niveau des muscles. Les bienfaits du sélénium sont nombreux, simplement déjà par son rôle protecteur contre le stress oxydatif, en synergie avec la vitamine E. La faiblesse et l’atrophie musculaires ou la baisse de performance représentent un symptôme de la carence en sélénium chez le cheval. La carence en vitamine E et sélénium peut engendrer la maladie du muscle blanc, une maladie dégénérative qui affecte les muscles squelettiques et cardiaques des chevaux. Chez les poulains, cette maladie se manifeste par un rythme cardiaque rapide, le fait d’être souvent couchés, la difficulté à avaler ou encore la décoloration de l’urine. Ainsi, il faut accorder un soin particulier au dosage du sélénium pour cheval, étant donné qu’un excès peut aussi être toxique. Il est recommandé de se fier à un vétérinaire ou à un nutritionniste équin pour ajuster les apports, via des compléments pour un supplément de sélénium, si nécessaires.
Carence en vitamine E
Les symptômes d’une carence en vitamine E chez le cheval incluent :
- Une perte de coordination : la démarche devient désorganisée, le cheval semble trébucher ou manquer de précision dans ses mouvements,
- Un affaiblissement du système immunitaire. Si la carence est grave, elle peut mener à des troubles neurologiques ou à des problèmes de fertilité. Pour l’éviter, une supplémentation en vitamine E est recommandée pour les chevaux à risque.
Carence en cuivre
Cette carence entraîne entre autres une modification au niveau du poil et des sabots ou une baisse des performances athlétiques. Plusieurs facteurs peuvent en être à l’origine :
- Des sols et fourrages pauvres en cuivre,
- Une présence excessive de zinc, de fer ou de molybdène, qui peuvent interférer avec l’absorption de cuivre dans l’intestin,
- Une alimentation non équilibrée, à base de céréales.
Pour éviter la carence en cuivre, intégrez un complément sous forme biodisponible.
Pour ce qui est de la carence en fer, cela peut survenir lors de l’allaitement, ou lors de saignements chroniques (ulcères).
Ainsi, une alimentation équilibrée, adaptée à l’âge, l’activité et l’état de santé de votre cheval, reste la meilleure arme contre les carences. N’hésitez pas à consulter un professionnel en cas de doutes ou de symptômes persistants.
Cependant, la complémentation unitaire, avec seulement 1, 2 ou 3 minéraux, peut déséquilibrer davantage l’ensemble et créer des antagonismes entre minéraux. Sans les cofacteurs nécessaires à l’assimilation ou sans corriger les autres carences sous-jacentes, ce supplément peut devenir inefficace, voire contre-productif, en surchargeant certains organes ou en bloquant l’absorption d’autres éléments essentiels.
Pourquoi la nutrithérapie offre des résultats plus durables qu’une approche uniciste
Dans le monde de la complémentation équine, on voit souvent des produits isolés vantés comme “la solution miracle”. Du magnésium pour un cheval stressé, de la biotine pour un sabot cassant, ou encore du sélénium pour soutenir les muscles. Si ces compléments ciblés peuvent avoir leur utilité ponctuelle, ils atteignent vite leurs limites lorsqu’il s’agit de corriger un terrain carencé ou de prévenir durablement les déséquilibres.
C’est là que la nutrithérapie équine prend tout son sens. Contrairement à une approche uniciste (où l’on donne un seul nutriment en réponse à un symptôme), la nutrithérapie repose sur une approche globale et synergique. Elle considère le métabolisme dans son ensemble, les interactions entre les nutriments, les besoins individuels du cheval, son mode de vie, son âge, son niveau d’activité, ses antécédents et son environnement.
Des synergies nutritionnelles qui multiplient l’efficacité
Le corps – humain ou équin – ne fonctionne pas de manière cloisonne. Les nutriments agissent en réseau. Par exemple :
- Le magnésium a besoin de vitamine B6 pour bien pénétrer dans les cellules.
- Le calcium et le phosphore doivent être en équilibre pour être assimilés sans nuire à la santé osseuse.
- Le zinc entre en compétition avec le cuivre s’il est donné en excès.
Une complémentation uniciste risque de créer de nouveaux déséquilibres ou de ne pas être assimilée correctement. À l’inverse, une complémentation issue de la nutrithérapie est formulée de manière à respecter ces équilibres subtils, en associant les bons cofacteurs pour garantir l’assimilation, la biodisponibilité et l’efficacité des nutriments.
Prévenir plutôt que réparer
Durabilité des effets et respect de la physiologie
Enfin, la complémentation via la nutrithérapie est plus durable dans le temps. Elle permet un retour à l’équilibre plus stable parce qu’elle soutient l’ensemble du métabolisme. Le cheval devient plus résilient, récupère mieux, digère mieux, et manifeste une meilleure vitalité générale.
C’est une approche respectueuse de la physiologie, qui ne cherche pas à masquer un symptôme, mais à rétablir un terrain sain et fonctionnel.