Le syndrome de Cushing en question – Partie 2

La proportion de chevaux atteints de cushing prend des dimensions incroyables. Les symptômes qui alarment sont : mauvaise mue, poils longs et bouclés, apparition de fourbure et fonte musculaire. Il est souvent question de tumeur de la glande pituitaire, mais est-il possible qu’autant de chevaux développent ce genre de tumeur ou y aurait-il d’autres causes possibles ?

SYMPTÔMES VISIBLES

Les chevaux peuvent présenter les symptômes suivants:

– se fatiguent facilement

– un ventre pendant en raison de leur faiblesse corporelle

– un poil hirsute ou bouclé

– une mue qui traine en longueur

– une fragilité des os

– des changements du tissu conjonctif

– des infections fréquentes

– dépots adipeux au-dessus des yeux

– soif excessive

– transpiration excessive

Les causes invoquées pour cette dégradation sont un taux de cortisol endogène excessif.

La prise de sang du vétérinaire révèle le taux d’ACTH (hormone adrénocorticotrophine). Si celui-ci est trop élevé, rapidement un médicament est prescrit à vie. Ce médicament est un dérivé de l’ergot de seigle. Il est utilisé en médecine humaine dans la maladie de Parkinson. Un tel médicament n’est pas sans effets secondaires. Un tel médicament ne peut «guérir», c’est évident.

UNE HORMONE DE STRESS QUI S’AFFOLE

L’analyse médicale d’un taux d’ACTH élevé est de considérer qu’il s’agit d’un dysfonctionnement hypophysaire (glande pituitaire), qui provoque une décharge trop élevée d’ACHT. L’ACTH est une hormone de stress, dont le rôle est de stimuler le cortex surrénalien pour produire des glucocorticoïdes, par exemple le cortisol (qui est, entre autres anti-inflammatoire et immunosuppresseur), les minéralocorticoïdes (comme l’aldostérone, hormone de soif) et les hormones sexuelles. L’histamine produite en cas d’allergie peut aussi être à l’origine d’un taux élevé d’ACTH.

Chez des chevaux sensibles, une simple prise de sang peut suffir à faire augmenter le taux d’ACTH.

LE STRESS

L’ACTH est un élément central de régulation de l’axe hypothalamus-hypophyse-surrénales, autrement appelé « axe du stress ». Le stress provoque une stimulation du système sympathique et une libération accrue d’ACTH (Schwartz, 2007).

Il est donc possible qu’une augmentation de l’ACTH soit tout à fait naturelle. Le stress, le froid, la douleur, des efforts soutenus, des blessures ou maladies, des émotions fortes et d’autres stress physiques et psychiques provoquent une augmentation du taux d’ACTH (Schwartz, 2007). Une alimentation carencé en un ou plusieurs éléments peut également être source de stress. [read more]

IL EST URGENT DE PENSER AUTREMENT!

 

Depuis 2010, des analyses sur 150 chevaux de moins de 24 ans déclarés comme ayant le Syndrome de Cushing, ont pu montrer que plus de 90% de ces chevaux ont souffert pendant plusieurs années de carences alimentaires, notamment en oligo-éléments. De plus ces chevaux présentaient des faiblesses hépathiques.

La production d’ACTH est probablement moins causée par des tumeurs que par des injections de cortisone. La conséquence directe d’un taux excessif d’ACTH sur le long terme, est la formation d’adénomes (tumeurs bénignes de la muqueuse ou un tissu glandulaire) ou d’un carcinome (dégénérescence maligne) qui provoque une hypertrophie du cortex surrénalien, lequel produit alors du cortisol de manière incontrolable.

 

Le coût non négligeable d’un traitement chimique au Pergolid (dérivé de l’ergot du seigle) mais aussi les effets secondaires que ce traitement peut occasionner (manque d’appétit, léthargie, désordre du système nerveux central (abattement, ataxie, diarrhée, coliques) amènent à se demander si il ne serait pas plus durable et bénéfique de complémenter le cheval selon ses besoins et ses carences au quotidien, plutôt que de traiter les symptômes de nombreuses années après avec des médicaments coûteux pour le porte-monnaie mais aussi pour sa santé.

 

L’ACTH favorise la produition de cortisol par le cortex surrénalien. En cas de stress, la décharge de catécholamines (adrénaline et noradrénaline) conduit également à l’augmentation du taux d’ACTH. Les hormones de stress agissent en synergie pour libérer le cortisol. Le cortisol augmente la concentration de glucose dans le sang et agit conjointement avec les catecholamines libérées en activant le système cardiovasculaire (Schwartz, 2007). L’augmentation de la gycémie devra être gérée par l’insuline.

 

L’excès d’ACTH est probablement moins souvent causée par des tumeurs que par des injections de cortisones. La conséquence directe ‘un excès d’ACTH sur le long terme est la formation d’adénomes (tumeurs bénines des muqueuses), carcinomes (tumeurs malignes), qui peuvent à terme provoquer une hypertrophie au niveau des surrénales qui ainsi produiront du cortisol de manière incontrôlée.

 

 

EXCES DE CORTISOL

 

Le cortisol est antagoniste de l’insuline, il a un effet hyperglycémiant. En tant que tel, il conduira à une augmentation du taux de sucres dans le sang et à la formation d’une résistance à l’insuline. Le sucre ne pourra plus être transmis aux tissus via le sang et devra être éliminé par l’urine, d’où l’amaigrissement rapide observé. Si le cheval a une activité, les muscles ne pourrons être alimentés correctement en sucre car ce mécanisme dépend également de l’insuline.

 

Le cortisol a également une activité lipolytique, et il stimule le catabolisme protéique  via le foie. Ces processus conduisent inévitablement à une surcharge énorme du foie. Le cortisol est une hormone importante pour la suppression de l’inflammation et des allergies. En trop grande quantité, cependant, il provoque un suppression du système immunitaire. Les chevaux touchés par le Syndrome de Cushing (ou ayant reçu des corticoïdes sur le long terme) ont tendance aux infections et ont une faible capacité d’auto-guérison. Ils sont victimes de décalcification massive, conduisant à des suros, fractures, problèmes au niveau du tissu conjonctif. Un taux de cortisol en permanence trop élevé conduit à de la rétention d’eau, un appétit insatiable ; ainsi la plupart des chevaux atteint de cushing étaient tout d’abord obèses.

 

 

LES ALTERNATIVES

 

L’augmentation de la fréquence de ce syndrôme proportionnellement à l’âge des individus ainsi que l’apparition toujours plus précoce de celui-ci de même que l’étude de l’alimentation des chevaux concernés  montrent bien souvent que les chevaux avec « le syndrome de Cushing » ont vécu de nombreuses années en extrême déficit d’oligo-éléments combinée à un apport énergétique excessif et un manque de mouvement. On note, notamment un déficit extrême en manganèse.

 

Sous le Syndrome de Cushing, ne se cache pas tout le temps une dégénérescence des surrénales. Des problèmes dentaires ou de parasitisme peuvent engendreer des symptômes similaires (Dietz, Huskamp Handbuch Pferdepraxis, 1999). Un poil bouclé peut être aussi le signe d’un manque de cuivre.

 

Il ne peut pas être complètement écarté qu’un stress peu important mais continu (stress chronique) ne puisse être à l’origine d’un taux d’ACTH trop élevé et donc d’un surfonctionnement surrénalien. Les chevaux sont aujourd’hui soumis à des stress « subtils ». Dans la détention sur de petites surfaces avec un trop grand nombre d’individus, des concours hebdomadaires ou des transports réguliers. De même que pour les humains souffrant d’épuisement des surrénales, les chevaux peuvent soufrir de stress chronique qui conduit à un « burn out » corporel.

Si le stress chronique perdure, les surrénales s’épuisent. Le taux de cortisol baisse mais le taux d’ACTH reste élevé. C’est un état d’épuisement général qui n’a pour le moment pas vraiment été pris en compte chez le cheval.

 

Il est alors nécessaire de mettre en place une alimentation minérale équilibrée qui comble les lacunes causées par de longues années d’alimentation non adaptée, en portant une attention particulière à un apport équilibré en oligo-éléments et en  antioxydants (vitamine E naturelle et phytonutriments issus de plantes). Une surcharge supplémentaire du foie par des fourrages contaminés doit être exclue. Une alimentation contenant du magnésium de haute qualité (c’est à dire assimilable) doit être fournie ainsi qu’une alimentation permettant au foie de se détoxifier au quotidien avec des substances amères doit être assurée de toute urgence. En outre, il faut faire attention, à fournir rapidement des éléments nutritifs qui ont été consommés pendant les périodes de stress .

MANGANESE, VITAMINE B, ETC

 

Le manganèse est un co-facteur agissant comme anti-oxydant, qui est soumis à une demande accrue, en particulier dans les situations de stress. La carence en manganèse entraîne à son tour les symptômes déjà cités (problèmes de poil, cheval ventru, dépôts de graisse, mauvaise élimination des déchets, dégénérescence osseuse). L’affaiblissement de la fonction hépatique, entraine également une carence en vitamines B.

 

Une stratégie possible:

– manganèse en cure de 3 mois minimum

– Nr. 17 Feuerstrahl (vitamines) car un taux élevé en ACTH et cortisol augmente indirectement les besoins en vitamine B dont la carence peut conduire à des dérèglements nerveux et une moindre résistance au stress, qui accroitra à son tour le taux d’ACTH et de cortisol en un cercle vicieux.

– Nr. 19 Mordskerl qui peut être considéré comme une minéralisation permanente dans ces cas.

MAIS AUSSI

Afin de limiter le stress du cheval et alimenter le problème présent, les mesures suivante speuvent aider:

 

1.         une alimentation totalement étudiée et équilibrée

1.1       peu d’apport en amidon et sucres

1.2.      contrôler l’apport en oligos-éléments

1.3.      fournir un complément de qualité en magnésiumet zinc

2.         une détoxification du foie quotidienne avec des plantes adaptées (Chardon Marie, Frühlingswachen,…)

3.         du mouvement en liberté et à la monte permettant de limiter les douleurs et les crampes musculaires

4.         selle adaptée, parage correct, ceci favorisant le confort et permettant au cheval de ne pas avoir de douleurs

5.         possibilité de se mouvoir au trot et au galop au quotidien

6.         une alimentation qui aide aussi le coeur à se maintenir en bonne santé (Magnésium, vitamine E, mélanges de plantes tels romarin, mélisse, gingembre,…)[/read]

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Isabelle Dorand

J’ai grandi aux quatre coins du monde, toujours proche de la nature. Dès mon plus jeune âge, je me suis passionnée pour les animaux. Aspirant d’abord à devenir vétérinaire, j’ai rapidement réalisé que ce métier ne correspondait pas à mes aspirations. Tout en poursuivant différentes activités en lien avec la nature et les animaux, j’ai suivi une formation d’ingénieure agronome.